le compresseur idéal de Gabriel Cardona

Gabriel Cardona a toujours plongé. A quoi serviraient les vacances sinon à s’installer au bord de la mer et découvrir les fond sous-marins. Oui mais dans certains pays à l’époque où la plongée n’était pas encore un loisir ni un sport universel, il fallait se débrouiller. Par exemple pour recharger ses bouteilles. Aussi Gabriel Cardona alors employé au port autonome de Marseille se mit en chasse des éléments nécessaires à la réalisation d’un compreseur.

Gabriel Cardona en 2006. Toujours plongeur!

Gabriel Cardona, 76 ans en 2006. Toujours plongeur!

L’histoire remonte aux années 60, Gabriel Cardona part chaque année en Espagne plonger du côté de Calpé et d’Altea dans la région d’Alicante, mais le souci de l’époque était l’impossibilité de recharger ses bouteilles sous l’Espagne franquiste car « il n’y avait aucun club de plongée là-bas ». Il décide donc avec un ami de se fabriquer son propre compresseur pour bouteilles de plongée: « A l’époque je travaillais à Marseille au port, il y avait tous les corps de métiers représentés, et à partir de récupération, j’ai pu constituer ce compresseur à quatre étages avec un moteur industriel « Bernard » latéral de 3 cv et un compresseur d’avion relié par une double courroie ». Un système très ingénieux et qui permet de le faire rentrer au musée parmi « les bricoleurs de génie ». Du coup, il a pu poursuivre ses voyages en Espagne et recharger ses bouteilles en toute autonomie. Mais on n’ pas parlé de l’autre trouvaille qui va avec, à savoir la mise en place d’une huile de moteur comestible [huile de parafine] confectionnée par un pharmacien de Marseille: « Regardez, j’ai toujours la bouteille il s’agissait en fait d’une huile de paraffine, qui permettait de ne pas avoir d’impureté et éviter de s’intoxiquer ». (in interview donné à Six-Fours.net)

Voilà pour l’histoire; il se trouve que les époux Cardona habitant un grand appartement à Sanary (le Palm Beach) souhaitent -les enfants étant grands et éloignés – d’en acquérir un plus petit à Six-Fours-les-Plages. Que faire du compresseur, les enfants plongeurs eux aussi, n’en ont pas l’usage? Il était destiné à la casse! Face au Palm Beach à Portissol se trouve un rond-point dénommé « rond-point des Mousquemers » donnant accès à l’esplanade Frédéric-Dumas. Du coup il découvre l’existence du musée, le contacte et propose de faire don de son compresseur.

Le compresseur

Le compresseur avec ses équipements: tuyau et prise d’air, huile moteur, raccord bouteille.

Côté compresseur à 4 étages

Côté compresseur à 4 étages et double courroie

Côté moteur Bernard

Côté moteur Bernard

Le compresseur restauré par Dominique Lafont. "Il peut repartir" dit-il.

Le compresseur restauré par Dominique Lafont. « Il peut repartir » dit-il.

L'huile moteur, huile de parafine. Le risque lors du remplissage de la bouteille était double: poussières aériennes, d'où le filtre et particules d'huile passant du moteur au compresseur et dans la bouteille. Un danger pour le plongeur.

L’huile moteur, huile de parafine. Le risque lors du remplissage de la bouteille était double: poussières aériennes, d’où le filtre et particules d’huile passant du moteur au compresseur et dans la bouteille. Un danger pour le plongeur.

Après l’exposition de l’été 2013 à la batterie du Cap Nègre de Six-Fours, puis un tour à Marseille pour le tournage d’un film, le compresseur est à nouveau visible au musée. Il est présenté dans sa configuration de travail.

Le compresseur offert au musée par Mr et Mme Gabriel Cardona.

Le compresseur offert au musée par Mr et Mme Gabriel Cardona.

Lettre de donation

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